Brahms, valse no15, opus 39

Mon "Panthéon" des oeuvres littéraires:
-Cyrano de Bergerac
-La Confession d'un enfant du siècle
-Les Souffrances du jeune Werther
-Our Mutual Friend

Cette liste peut sembler courte, mais elle est enormément restrictive. J'ai adoré beaucoup d'autres livres, mais ceux-ci sont vraiment ceux qui m'ont le plus marqué.
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# Posté le samedi 12 janvier 2008 17:05

Our Mutual Friend

On a tous des oeuvres que l'on idole, non seulement parce qu'elles sont belles, mais aussi, et c'est ce qui les rend si importantes pour nous, parce qu'elles marquent une période importante de notre vie. Ce peut etre des oeuvre musicales, litteraires ou tout aussi bien picturale. Our Mutual Friend fait partit pour moi de ces choses immaterielles qui font ressentir tant de choses que l'on ne peut définir.
(Les images ici sont celles du film de la bbc, mais c'est a l'origine un livre de dickens)

# Posté le samedi 12 janvier 2008 16:58

scènes d'enfants - rêverie

Je me souviens encor de ces temps eloignés,
Où regnaient le bonheur, et la félicité.
Je me souviens encor de ces instants passés,
Où l'on dansait, riait, ne sachant pas pleurer.
Le jour nous parcourions les plaines verdoyantes,
Le coeur alors léger et l'âme bien vivante.
Une voix s'élevait, comme sortant de terre,
Faisant trembler les arbres, et puis vibrer les lierres.
C'était le cri du vent s'essouflant dans la plaine,
amenant la douceur que tu aimais, ma reine.
Nos coeurs étaient gonflés d'amour, d'eternité,
Et aucun sentiment ne semblait passagé.
Tu aimais a flaner près du petit ruisseau,
En écoutant ainsi le murmure de l'eau.
Il t'emmenait bien loin, dans un monde inconnu,
Où tout n'était que rêves, l'espoir jamais vaincu.

Mais le temps a passé, de nombreuses années.
Le bonheur est partit, laissant seule a jamais
Peut être la seule âme qui l'eusse mérité.
Je t'ais toujours aimé, et pourtant je te hais.
Tu as laissé un vide impossible a combler,
Et de beaux souvenirs qui pour l'eternité,
Resteront simplement gravés la, dans mon coeur,
Pour que jamais l'oublie n'efface la douleur.

# Posté le samedi 28 juillet 2007 08:33

Modifié le lundi 30 juillet 2007 14:26

Chateaubriand - Vie de Rancé

Chateaubriand - Vie de Rancé
"Mais peut-être qu'une correspondance particulière entre deux personnes qui se sont aimées offre encore quelque chose de plus triste ; car ce ne sont plus les hommes, c'est l'homme que l'on voit.

D'abord les lettres sont longues, vives, multipliées ; le jour n'y suffit pas : on écrit au coucher du soleil ; on trace quelques mots au clair de la lune, chargeant sa lumière chaste, silencieuse, discrète, de couvrir de sa pudeur mille désirs. On s'est quitté à l'aube ; à l'aube on épie la première clarté pour écrire ce que l'on croit avoir oublié de dire. Mille serments couvrent le papier, où se reflètent les roses de l'aurore ; mille baisers sont déposés sur les mots qui semblent naître du premier regard du soleil : pas une idée, une image, une rêverie, un accident, une inquiétude qui n'ait sa lettre.

Voici qu'un matin quelque chose de presque insensible se glisse sur la beauté de cette passion, comme une première ride sur le front d'une femme adorée. Le souffle et le parfum de l'amour expirent dans ces pages de la jeunesse, comme une brise le soir s'endort sur des fleurs : on s'en aperçoit, et l'on ne veut pas se l'avouer. Les lettres s'abrègent, diminuent en nombre, se remplissent de nouvelles, de descriptions, de choses étrangères ; quelques-unes ont retardé, mais on en est moins inquiet ; sûr d'aimer et d'être aimé, on est devenu raisonnable ; on ne gronde plus, on se soumet à l'absence. Les serments vont toujours leur train ; ce sont toujours les mêmes mots, mais ils sont morts ; l'âme y manque : je vous aime n'est plus là qu'une expression d'habitude, un protocole obligé, le j'ai l'honneur d'être de toute lettre d'amour. Peu à peu le style se glace, ou s'irrite, le jour de poste n'est plus impatiemment attendu ; il est redouté ; écrire devient une fatigue. On rougit en pensée des folies que l'on a confiées au papier ; on voudrait pouvoir retirer ses lettres et les jeter au feu. Qu'est-il survenu ? Est-ce un nouvel attachement qui commence ou un vieil attachement qui finit ? N'importe : c'est l'amour qui meurt avant l'objet aimé. On est obligé de reconnaître que les sentiments de l'homme sont exposés à l'effet d'un travail caché ; fièvre du temps qui produit la lassitude, dissipe l'illusion, mine nos passions et change nos coeurs, comme elle change nos cheveux et nos années. Cependant il est une exception à cette infirmité des choses humaines ; il arrive quelquefois que dans une âme forte un amour dure assez pour se transformer en amitié passionnée, pour devenir un devoir, pour prendre les qualités de la vertu ; alors il perd sa défaillance de nature, et vit de ses principes immortels."
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# Posté le jeudi 26 juillet 2007 12:19

Les Souffrances du jeune Werther

Les Souffrances du jeune Werther
"Que l'on est enfant ! quel prix on attache à un regard ! que l'on est enfant ! Nous étions allés à Wahlheim. Les dames étaient en voiture. Pendant la promenade je crus voir dans les yeux noirs de Charlotte... Je suis un fou ; pardonne-moi. Il aurait fallu les voir, ces yeux ! Pour en finir (car je tombe de sommeil), quand il fallut revenir, les dames montèrent en voiture. Le jeune W..., Selstadt, Audran et moi, nous entourions le carrosse. On causa par la portière avec ces messieurs, qui sont pleins de légèreté et d'étourderie. Je cherchais les yeux de Charlotte. Ah ! ils allaient de l'un à l'autre ; mais moi, qui étais entièrement, uniquement occupé d'elle, ils ne tombaient pas sur moi ! Mon c½ur lui disait mille adieux, et elle ne me voyait point ! La voiture partit, et une larme vint mouiller ma paupière. Je la suivis des yeux, et je vis sortir par la portière la coiffure de Charlotte ; elle se penchait pour regarder. Hélas ! était-ce moi ? Mon ami, je flotte dans cette incertitude : c'est là ma consolation. Peut-être me cherchait-elle du regard ! peut-être ! Bonne nuit. Oh ! que je suis enfant !"

# Posté le lundi 09 juillet 2007 08:49